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Programmation à la Cinémathèque Française

Posté par : tita le 10/12/2011 - Festivals

Dans le cadre du programme Images des outre-mer, les films de la collection Petites Nouvelles de Calédonie sont diffusés à la Cinémathèque Française entre le 14 et le 31 décembre 2011.

 

Discours de Serge Toubiana, Directeur général de la Cinémathèque

La Cinémathèque française est fière de participer à l’année des Outre Mer par le biais d’une programmation de films très divers, courts et longs métrages, fictions et documentaires, provenant de tous les horizons de l’Outre-Mer. L’Outre-Mer c’est la France du large, celle de l’aventure et celle de la diversité. C’est aussi celle du rythme et de la couleur, celle de la poésie, celle des paysages et des îles, mais aussi celle de la souffrance et de la révolte.

Il faut de tout pour faire ce monde. Les Outre-Mer y participent activement et à leur manière. Le cinéma sert à faire partie du monde, il propose un regard, des regards spécifiques et originaux sur le monde afin d’affirmer ou de revendiquer une identité. Identité multiple et accueillante, ouverte.

C’est le message que veut transmettre cette programmation de films des Outre-Mer.

Je remercie chaleureusement Daniel Maximin, commissaire de l’Année des Outre-Mer, de nous avoir associé à cette initiative multiculturelle. Le cinéma devait avoir sa place, toute sa place, dans le dispositif mis en place pour célébrer les Outre-Mer. Mais il n’y a pas que le cinéma, il y a aussi la littérature, le spectacle vivant - c’est-à-dire le théâtre et la danse -, il y a les arts en général, la peinture et le patrimoine, la musique, le sport, la nourriture, l’économie, la science, l’environnement. Et ce qu’il y a de plus essentiel encore, cette chose qu’on appelle la langue. La langue c’est le parler des peuples. Quelle langue parlons-nous, et quelle est la part qui nous est commune ? Cela le cinéma en fait son matériau premier : la langue et le corps, une manière de bouger et de s’exprimer dans le temps et l’espace. Qu’est-ce qui fait qu’au-delà des mots, nous bougeons différemment, selon des rythmes différents, tout en nous reconnaissant comme appartenant au même monde. Cela, les artistes des Outre-Mer, poètes, écrivains, dramaturges, musiciens, cinéastes, l’expriment avec ferveur, trop souvent avec des moyens limités.

La programmation intitulée Images des Outre-Mer durera jusqu’au 31 décembre, soit une trentaine de séances. Les réalisateurs viendront fréquemment présenter leur film.

Deux tables rondes auront lieu samedi 17 décembre.

  • La première sur le thème « Cinéma des Outre-Mer (Caraïbes, Océan indien, Pacifique) : images de l’histoire, histoire de l’image ? ». Y participeront : Jean-Claude Flamand Barny, cinéaste, Priska Degras, universitaire, Alain Gili, directeur du festival du Film d’Afrique et des îles, Walles Kotra, membre fondateur du FIFO et directeur de Calédonie Première, Osange Silou-Kieffer, journaliste, et Caroline Troin, festival de cinéma de Douarnenez. Cette première table ronde sera animée par Caroline Bourgine, conseillère pour le commissariat de l’Année des Outre-Mer, que je remercie pour son très précieux concours dans l’élaboration de cette programmation et de cet événement autour du cinéma des outre-Mer.
  • La seconde table ronde aura pour thème : « Tourner en Outre-Mer : comment, pourquoi ? ». Y participeront : Véronique Kanor (cinéaste), Tony Coco-Liloin, cinéaste, Medhi Lallaoui, cinéaste, Yann Stéphant, Festival du film insulaire de Groix, Ricky Tribord, acteur et Steve Zebina, responsable de la programmation Cinéma et Communication de la Scène nationale de Martinique. Elle sera animée par Brice Ahounou, anthropologue et journaliste.

Ces tables rondes permettront de débattre des problèmes et difficultés du cinéma des Outre-Mer : difficultés de production et de distribution, problèmes d’identité, problèmes aussi de mémoire et de conservation des œuvres. Tout ce qui fait débat dès que l’on parle de cinéma.

Deux autres choses à dire.

Le jour le plus court

La première concerne l’événement Le Jour le plus court, qui aura lieu le 21 décembre : trois séances de courts métrages des Outre-Mer seront proposées au public de la Cinémathèque. Des films d’Alexandre Boutié, Madeleine Beauséjour, Emmanuel Parraud, Shu Aiello, Marjorie Assani-Vignau, Erwin Lee, Désiré Kâbwa Menrempon, Imanou Petit, Pélagie Serge Poyotte, Fabienne et Véronique Kanor.  On dit souvent que le court métrage est une promesse. Dans le cas des Outre-Mer, cette promesse prend une résonnance toute particulière : il faut vraiment encourager la production de courts métrages, et faciliter le passage aux premiers films. C’est la condition essentielle du développement des cinémas en Guyane, Martinique, Nouvelle Calédonie, à la Guadeloupe ou à La Réunion.

Le jeune public

Enfin le jeune public. Une chose est essentielle pour nous, la formation du jeune public au plaisir du cinéma, au plaisir de la salle de cinéma, au grand écran. Euzhan Palcy nous fait la gentillesse de venir présenter son film, Siméon, dimanche 18 décembre à 15 heures. La séance sera suivie d’un goûter musical antillais.

J’aimerais conclure sur le futur, sur des engagements pour le futur. La Cinémathèque est à l’initiative d’une manifestation intitulée « Cinéma cent ans de jeunesse », à laquelle participent de nombreux partenaires à Paris et en région, mais également à l’étranger : Italie, Espagne, Portugal, Angleterre, depuis peu le Brésil. Cela consiste à organiser des ateliers, dans des écoles et collèges, qui permettent à des enfants de s’initier à la pratique du cinéma. Ces films sont ensuite montrés à la Cinémathèque, dans le cadre de journées où les enfants sont invités à présenter leurs films. La Guadeloupe s’y associera en 2012, avec un atelier au lycée, durant toute l’année scolaire.

D’autre part, le service pédagogique de la Cinémathèque participera à une formation pour les enseignants, lors du FEMI en janvier 2012. Ces actions ont été rendues possibles grâce au soutien du commissariat des Outre-Mer, du rectorat et de l’Académie de Guadeloupe, mais aussi de la Région Guadeloupe et d’autres acteurs de l’éducation au cinéma, qui se sont mobilisés pour faire aboutir ce projet.

Nous allons poursuivre également un partenariat avec l’Académie de La Réunion, où j’ai eu le grand plaisir de me rendre il y a deux ans pour animer une programmation de films et un stage de formation, avec Nathalie Bourgeois, qui dirige le département pédagogique de la Cinémathèque française.

L’amour du cinéma passe par la formation du regard. C’est une vérité essentielle, valable sous tous les cieux. A nous de nous employer à rendre cet amour vivant et largement partagé.

Remerciements à : Daniel Maximin, commissaire général de l’année des Outre-Mer ; Laurent Laviolette, secrétaire général de l’année des Outre-Mer, et chef de cabinet adjoint de la ministre de l’Outre-Mer, Mme Marie-Luce Penchard, Caroline Bourgine et Osange Silou-Kieffer

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